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désir - Page 2

  • Parole et symbole

    désir,parole,symbole,littérature,rhétorique,thèseC'est la qualité et la force du désir de s'ancrer dans le réel qui inscrit l'homme dans l'existence, et ce désir ne peut être que passionnel, et donc conflictuel. La conscience, une fois qu'elle se voit absorbée par ses passions, réalise tout ce qui la met à distance d'elle-même et la déchire. C'est alors qu'elle s'efforce de retrouver son unité, sa fusion avec elle-même, par la victoire sur ses passions ou par l'acceptation réfléchie de ce qui la conduira au bien. On rend les passions rationnelles en parlant d'elles, en leur faisant une place dans le discours, car l'homme est un être de désir, mais il est aussi un être de parole; entre l'ordre de l'Etre et l'ordre du Logos, l'ordre du Symbole sert de médiateur qui philtre. Le paradoxe heureux des passions, c'est qu'elles expriment une rationalité sous-jacente à nos aveuglements et à nos dérèglements, elles forment raison derrière le chaos des apparences. C'est par rapport à cette raison que les réponses diffèrent: ce qui nous semble sûr est qu'elle est d'ordre éthique, car autrement l'Histoire serait impossible. Le discours sur les passions en livre la raison, les abolissant et les préservant. Les passions racontées deviennent ainsi l'objet de l'esthétique et nous avons besoin d'y recourir car cela nous permet de durer, nous donne des raisons de vivre et restaure le courage.
     
     "La littérature, dont les principes organisateurs sont le mythe-c'est-à-dire l'histoire ou le récit- et la métaphore -c'est-à-dire le langage figuré et les images -est un monde libéré, le monde du libre épanouissement de l'esprit" (Northrop Frye, A Double Vision). La littérature se réapproprie les principes structurants de la mythologie, définie comme modèle culturel exprimant la manière dont l'homme peut réformer la civilisation dans laquelle il vit. La dialectique mythologique se résume à une oscillation entre ce que l'homme vit dans son monde,

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  • Emotions et connaissance

    émotions,spinoza,désir,tristesse,joie,connaissanceDes chercheurs ont représenté en couleurs la manière dont nos émotions affectent nos corps. L'image a, comme on le sait bien, un impact plus rapide que le mot, puisque plus accessible. Mais déjà Spinoza nous apprend que l'âme humaine ne peut se connaître qu'à travers les affections du corps ("en tant qu'elle perçoit les idées des affections du Corps"). On peut  trouver chez lui une analyse minutieuse des passions comme la honte, le mépris, la crainte, l'espérance, le remords, la gratitude, le regret, l'estime, la faveur, mais ce sont le Désir, la Tristesse et la Joie qui sont les trois "affections" fondamentales. Le Désir est l'essence même de l'homme "en tant qu'elle est conçue comme déterminée à faire quelque chose par une affection quelconque donnée en elle", c'est un effort par lequel l'homme persévère dans son êtreLa vertu est l'essence et la puissance même de l'homme, l'effort même pour conserver l'être propre, et la félicité consiste en ce que l'homme peut conserver son être. "L'effort pour se conserver est la première et unique origine de la vertu". 

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  • Le bonheur


    eudémonisme,éthique,bonheur,réflexion,désir,misrahiDans son livre Le Bonheur. Essai sur la joie, Robert Misrahi constate que la culture en France a aujourd'hui une image singulière: une sorte de chaos qui caractérise l'esprit public et l'opinion, les oeuvres littéraires et le travail des médias. Il écrit que ce qui s'exprime, à travers cette culture prise au sens large, est "une immense tension, une immense contradiction entre désirs opposés, entre aspirations exclusives". Néanmoins, il nous semble que pour ceux qui fréquentent aussi d'autres cultures, cette tension n'est pas exclusivement française, nous nous y retrouvons presque tous: "D'une part, tout est rapporté à ce qu'on nomme la crise et, d'autre part, tout est rapporté au désir de bien-être. La crise n'est d'ailleurs pas seulement l'ensemble des difficultés économiques et sociales, elle est surtout, fondamentalement, l'interrogation et l'angoisse portant sur le sens de notre vie concrète lorsque l'avenir économique est sombre. la crise n'est pas dans les choses, elle est dans les esprits. Tout est vécu à travers l'incertitude, l'angoisse, le découragement. Chômage, délinquance, discrimination colorent en profondeur le sentiment de soi et la perception de la vie. Cette crise, d'origine économique, révèle en fait la vérité de toute crise, son fonds existentiel: ce dont il est question, c'est du sens de la vie". 


    En tant que spinoziste, l'auteur va accorder la place de choix à la réflexion, la seule capable de transfigurer le désir, et de faire du bonheur de la joie en acte. C'est là un projet qui n'est pas irréalisable, à condition que le sujet l'assume, en lui consacrant un travail autonome et intérieur. Ainsi deviendra possible la conversion du désir en réflexion, acte par lequel l'existence commence à neuf. Peut-être que pour cette conversion réflexive ou philosophique, il faudra retourner aux philosophes, mais pas n'importe lesquels. Plutôt Aristote, Epicure, Montaigne, Spinoza, Diderot. Selon leurs doctrines éthiques, le bonheur est la valeur suprême et le critère ultime de choix des actions humaines (l'eudémonisme), et la vie terrestre constitue la seule chance d'épanouissement. A condition de bien choisir les désirs que l'on veut combler pour être heureux.