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connaissance

  • L'opinion et la connaissance

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    (Photo - Février à Nice)

    Nous vivons une époque de progrès technologique extraordinaire, sans précédent, mais paradoxalement de régression intellectuelle. On parle même d’une rupture historique entre la génération actuelle, la génération Z, et celle qui l'a précédée. La génération Z affiche des performances cognitives inférieures à celles des Millennials, la génération Y, les digital natives (cette contestation a été formulée par le neuroscientifique Jared Cooney Horvath lors de son audition devant le Sénat américain, en janvier 2026). Ce recul, mesuré mondialement et documenté, montre que tous les indicateurs cognitifs fondamentaux sont en baisse, dans plus de 80 pays : le QI, la compréhension écrite, le raisonnement mathématique, la résolution de problèmes. Ce n’est pas un problème d’éducation, mais de numérisation de l’éducation et d'intégration massive des écrans à l’école, ces outils ayant freiné, et parfois altéré, le développement cérébral. Le cerveau humain n’est pas conçu pour le « format court », qui empêche la consolidation des connexions neuronales, mais pour l’effort cognitif, l’attention soutenue, l’échange humain. Il faudrait revenir aux manuels, à la lecture longue, à l’interaction humaine directe.

    Pour nous rendre compte de cet écart, et enrichir notre réflexion, rien de mieux que de retourner 2500 ans en arrière. Pas n’importe où, mais aux origines de la philosophie, dans une petite péninsule du bassin de la Méditerranée. L’humanité aurait pu se passer de ce style d’expression culturelle, comme la civilisation indienne ou chinoise l’ont fait, mais le jeu des circonstances et des hommes a créé à Athènes une conjoncture particulière. Platon n’était peut-être pas nécessaire, il l’est devenu parce que son œuvre a défini, en même temps que la philosophie, la raison, qui maintenant s’est transformée en rationalité. Après des mutations considérables (après avoir subi l’épreuve de la théologie, de la science expérimentale et de la physique, du tribunal de l’histoire), et malgré des erreurs et des incohérences, la rationalité est à la base de la civilisation industrielle dans son ensemble. C’est la philosophie de Platon qui a mis en évidence les critères de rationalité qui sont ceux-là mêmes qui organisent notre vie et notre mort. La philosophie est donc grecque, née dans la Cité démocratique. Néanmoins, l’exercice philosophique ne peut inventer, forger des concepts, que lorsqu’il s’ouvre sur les problématiques de son temps, et qui sont universels : la politique (le pouvoir), la science et aussi le savoir du théologien, la recherche de l’historien.

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  • Archives pour les vacances (juillet)

    Archives blog,  stress, émotions, connaissance, bonne humeur

    (Photo- Laurier-rose à Nice)

    Des chercheurs ont représenté en couleurs la manière dont nos émotions affectent nos corps. L'image a, comme on le sait bien, un impact plus rapide que le mot, puisque plus accessible. Mais déjà Spinoza nous apprend que l'âme humaine ne peut se connaître qu'à travers les affections du corps ("en tant qu'elle perçoit les idées des affections du Corps").

    Le fonctionnement de nos cellules est un mécanisme vital et fascinant. Nos cellules pensent, elles sont nous-mêmes, elles aiment, elles souffrent, elles ont une conscience, elles représentent notre autodéfense.

    Nous savons à présent que nous pouvons agir sur nos émotions, et que nous pouvons activer notre machine cérébrale à fabriquer des antidépresseurs naturels. En changeant notre mode de vie et de pensée, nous changeons aussi les hormones de notre cerveau. Il n’est pas si difficile de faire baisser l’hormone du stress, l’adrénaline, et d’augmenter l’hormone de la bonne humeur, la sérotonine. L’humeur n’est pas seulement une question de psychologie, la bonne humeur agit sur tous les organes et elle ne dépend pas que de l’esprit. Elle protège aussi bien de la dépression que de la démence, des maladies du cœur que des douleurs, des infections et des maladies inflammatoires.

  • La pensée positive et le progrès

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    (Photos Nice: les cactus en mai)
     
    Un article publié récemment sur le site Alternet explique pourquoi la manie de l'espoir est une partie de l'endoctrinement corporatiste, et pourquoi la croyance que nous nous dirigeons vers un futur glorieux défie la réalité. Quelle serait donc la signification du progrès? Plus loin, un aperçu de cet article qui peut être lu ICI.

    L’histoire n’est pas linéaire, et l’idée que le progrès moral accompagne le progrès technique est une forme d’illusion collective qui nous paralyse dans nos actions et nous donne un faux sentiment de sécurité. En fait, on assiste à la montée du totalitarisme, étayé par l’appareil de sécurité et de surveillance le plus terrifiant de l’histoire humaine. Un théoricien du XIX e, Jean-Louis Blanqui, prévoyait que le progrès scientifique et technologique, plutôt que d’annoncer le progrès, pourrait devenir une arme terrible entre les mains du capital contre le travail et la réflexion. Le progrès ne peut être tenu pour acquis, l’humanité peut revenir en arrière. La sagesse et la connaissance ne sont pas la même chose. La connaissance traite du réel et du particulier, c’est le domaine de la science et de la technologie, tandis que la sagesse traite de la transcendance, elle nous permet de voir et d’accepter la réalité, dans ce qu’elle a d’absurde et de désordonné. Elle n’est pas liée au progrès, et à travers les âges, elle est une constante : L’Ecclésiaste, Homère, Sophocle, Dante, Shakespeare, Beckett ont un trait commun: le pouvoir profond de l’observation de la vie.

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  • Emotions et connaissance

    émotions,spinoza,désir,tristesse,joie,connaissanceDes chercheurs ont représenté en couleurs la manière dont nos émotions affectent nos corps. L'image a, comme on le sait bien, un impact plus rapide que le mot, puisque plus accessible. Mais déjà Spinoza nous apprend que l'âme humaine ne peut se connaître qu'à travers les affections du corps ("en tant qu'elle perçoit les idées des affections du Corps"). On peut  trouver chez lui une analyse minutieuse des passions comme la honte, le mépris, la crainte, l'espérance, le remords, la gratitude, le regret, l'estime, la faveur, mais ce sont le Désir, la Tristesse et la Joie qui sont les trois "affections" fondamentales. Le Désir est l'essence même de l'homme "en tant qu'elle est conçue comme déterminée à faire quelque chose par une affection quelconque donnée en elle", c'est un effort par lequel l'homme persévère dans son êtreLa vertu est l'essence et la puissance même de l'homme, l'effort même pour conserver l'être propre, et la félicité consiste en ce que l'homme peut conserver son être. "L'effort pour se conserver est la première et unique origine de la vertu". 

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