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01/04/2020

Les forces intérieures, une source durable de bien-être (II)

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(Photo- Nice, la Promenade des Anglais pendant le confinement)

Nous vivons un traumatisme collectif, la pandémie de Coronavirus. Des milliers de gens sont tombés malades, des milliers sont morts, les affaires, les écoles, les espaces récréatifs ont fermé, les marchés se sont écroulés. Néanmoins, que nous en soyons affectés directement ou non, il y a un coût pour tous : le poids de la peur et de l’anxiété.

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01/03/2020

Les forces intérieures, une source durable de bien-être (I)

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(Photo- Magnolia à Nice)

 

Le bien-être est essentiel à notre qualité de vie, à notre santé, et il est fondé sur un certain sens de la force, de la résilience, de tout ce qui nous rend capables de négocier avec les défis de la vie.

La résilience, par exemple, est une force intérieure extrêmement importante, quand il s’agit de réussir à vivre et à se développer malgré un traumatisme. Ce terme s’applique quand une personne a vécu un événement grave (viol, inceste, agression) et qu’elle mène une existence épanouie, malgré tout. Il faut laisser le temps d’avoir de la peine et l’exprimer, car si l’on tourne la page rapidement, sans vivre réellement sa peine et ou sa colère, quelques années plus tard après l’épreuve, ces sentiments refont surface, et ils se transforment, dans certains cas, en maladies ou mènent à la dépression. "Le déni qui permet de ne pas souffrir n’est donc pas un facteur de résilience, puisque le blessé ne peut rien faire de sa blessure", écrit Boris Cyrulnik dans son livre sur la honte. "Il y a plusieurs voies pour s’en sortir : on peut se soumettre aux impératifs du groupe afin de devenir anormalement normal, comme tout le monde, un clone culturel archi-convenable où la honte sans relief sera effacée. On peut se soumettre à une force suprahumaine, transcendante, où la soumission est une valeur morale qui glorifie ceux qui rentrent dans le rang. Mais on peut aussi chercher au fond de soi des valeurs personnelles acquises au cours de notre histoire et découvrir une sorte de mythe intime, à la carte, qui thématise notre existence, qui vaut pour cette personne et pas forcément pour le groupe. Les sociétés totalitaires ont horreur de cette liberté intime qui échappe au contrôle du chef. Les totalitarismes religieux et profanes sont révulsés par les mondes intimes où la personne n’a pas besoin de l’étayage consensuel (…). Ce rabotage des personnalités provoque une sorte de contrat pervers : la solidarité sera grande pour ceux qui se soumettent à la loi du groupe (…). Les perroquets n’ont jamais honte." (Mourir de dire. La honte, Editions Odile Jacob, 2010)

Nous savons tous que le bonheur parfait n’existe pas. Chaque existence comporte immanquablement son lot d’épreuves, avec des douleurs distinctes, et chaque personne réagit différemment et trouve des mécanismes de défense qui lui sont propres. Néanmoins, nous essayons d’obtenir, au cours de notre vie, le plus de bien et de réconfort possibles, le plus de bonheur, même imparfait. Selon Aristote, Eudaïmonia (le bonheur) est un principe que nous visons tous dans nos actes et nos motivations. L’eudémonisme qualifie les doctrines éthiques qui font du bonheur la valeur suprême et le critère ultime de choix des actions humaines : Aristote, Epicure, Montaigne, Spinoza, Diderot.. La doctrine se fonde sur une confiance générale en l’homme qui reste la clé irremplaçable de l’humanisme, et elle se concentre sur cette seule chance d’épanouissement que constitue la vie terrestre. Sous cet aspect, elle a en commun avec la sagesse bouddhiste l’idée de progresser dans l’existence en travaillant sur son esprit pour atteindre une meilleure disponibilité au moment présent, une ouverture et une sagesse faite de bienveillance, de compréhension de soi et de l’autre.

La méditation de pleine conscience (technique qui a fait fortune justement grâce à son côté laïc) se fonde sur une disposition de notre cerveau d’être là au moment présent. Notre esprit s’entraîne ainsi à cultiver des qualités comme l’attention, la présence, la bienveillance, le calme. Bien entendu, si pour le bouddhisme avancer sur le chemin de la sagesse suppose se défaire de la souffrance, et implicitement des attentes, des désirs, des jugements, pour l’eudémonisme il faut choisir les désirs que l’on veut combler afin d’être heureux. Epicure classifie les désirs en deux grandes catégories, désirs naturels et désirs non naturels. Dans les désirs naturels, il place les désirs nécessaires : pour le bonheur (ataraxie), pour la tranquillité du corps (protection), pour la vie (nourriture), ainsi que des désirs simplement naturels : variation des plaisirs, recherche de l’agréable. Dans les désirs non naturels, il place les désirs artificiels (richesse, gloire) et les désirs irréalisables (immortalité

Tout ce qui se passe dans le cerveau -l’organe le plus important de notre corps- détermine nos pensées et nos sentiments, nos paroles et nos actes. Les neurosciences montrent que nos expériences modifient en permanence la structure neuronale. Et si nous aspirons vers plus de joie, de calme et de confiance personnelle, nous pourrons apprendre à changer en bien les réseaux de nos neurones et à remodeler notre cerveau, en renforçant les traces des expériences positives. C’est une démarche très actuelle, sur laquelle, d’ailleurs, sont basées de nombreuses thérapies et formations individuelles ou de groupe/en entreprise, et qui nous invite à regarder nos émotions, à leur consacrer un peu de temps et d’attention, afin de comprendre les éléments qui se trouvent derrière notre cerveau, à savoir derrière notre comportement et nos compétences. Cette neuroscience va nous expliquer le mécanisme du stress, la distinction entre la motivation temporaire et la motivation durable, le mécanisme de l’obsession, de la confiance en soi, de l’adaptation, de la volonté, de la créativité, de la spiritualité, etc., comment gérer ou améliorer, selon notre personnalité et à notre rythme, en cultivant nos forces intérieures (la psychologie positive est fondée là-dessus, et on peut trouver des programmes très riches de type Inner Strengths /Forces intérieures)

Dans son ouvrage Le Cerveau du bonheur le neuropsychologue Rick Hanson nous explique comment nous pouvons transformer des expériences fugaces en améliorations durables de notre patrimoine neuronal, nous imprégner de ce qui est bon et qui nous fera du bien, en libérant des forces intérieures indispensables à notre bien-être, à notre épanouissement, à la gestion des défis et au succès. Ces forces intérieures se développent à partir de structures cérébrales, et elles répondent à nos trois besoins fondamentaux de sécurité, de satisfaction et de connexion. L’objectif du livre est de montrer que les expériences positives quotidiennes ont le pouvoir de changer notre cerveau, et donc notre vie, en mieux. Il nous faut donc apprendre à installer ces expériences dans le cerveau, avec méthode. C’est le programme que l’auteur propose dans cet ouvrage, mais également au travers de nombreuses conférences, séminaires et formations de l'Institut Wellspring pour les neurosciences contemplatives, et dans de courtes vidéos et des enregistrements publiés sur son site et sur sa page Facebook -(voir le lien dans la colonne droite du site Cefro). Je vais le résumer ici (voir le document PDF) et dans la prochaine note. 

 

Références:

Rick HANSON, « Le Cerveau du bonheur », Editions des Arènes, 2015/ « Hardwaring Happiness », 2013

Archives CEFRO

http://www.cefro.pro/archive/2014/06/19/la-neuroplasticit...

http://www.cefro.pro/archive/2016/08/31/resiliences-livre...

http://www.cefro.pro/archive/2014/12/05/des-idees-qui-fon...

http://www.cefro.pro/archive/2018/03/11/peut-on-decider-d...

01/10/2019

La peur

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(Photo- Livre)

Nous savons maintenant, depuis quelques décennies, que "le cortex préfrontal a perdu son leadership", comme l’affirme, avec humour, Antonio Damasio, dont les travaux en neurosciences sont bien connus. Notre corps envoie en permanence des signaux physiques émotionnels au cerveau (les marqueurs somatiques) pour l’alerter. Ce sont eux qui facilitent la prise de décision en cas de peur. Il existe un circuit lent pour le raisonnement, un circuit rapide pour les émotions : l’interaction de nos deux routes cérébrales détermine chacun de nos choix. Le cerveau émotionnel (la route basse) réagit en quelques millisecondes à un stimulus émotionnel pour produire une première réaction instinctive, une émotion, qui permet à l’individu de se faire une opinion expresse sur une situation donnée (en 500 millisecondes, une première impression: j’aime/j’aime pas). Le cerveau rationnel (la route haute) réagit après-coup pour contextualiser l’émotion et la réguler.

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01/04/2019

Qu'est-ce qui fait votre vie?

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(Photo- Magnolia à Nice)

L'exercice : Accepter la dépendance

Pourquoi ?                                       

Voulez-vous essayer une petite expérience ?

Cessez de respirer. Vraiment. Pour quelques secondes, disons douze, et regardez ce que cela fait.

Je vois dans cette expérience une manière personnelle de reconnaître une vérité profonde, à savoir que notre vie dépend de dix mille choses pour sa survie physique, son bonheur, son amour, sa réussite.

Par exemple, durant trente secondes sans oxygène, la plupart des gens ne se sentent pas bien, après une minute, ils commencent à paniquer, et après quatre minutes, leur cerveau meurt ou il souffre de lésions. Chaque instant, votre vie et votre esprit demandent de l’oxygène : les plantes qui l’exhalent, le soleil qui dirige la photosynthèse, d’autres étoiles qui ont explosé il y a des milliards d’années, tout cela afin de produire chaque atome d’oxygène de votre prochaine minute de respiration. Pensez aux gens sur lesquels vous pouvez compter - et qui représentent les contacts, l’attention, la bienveillance - ou bien aux médecines, aux enseignements philosophiques, à la société civile, aux technologies, ou à tous vos propres bons efforts de l’année dernière, et dont vous bénéficiez à ce jour.

Quelque part, il est effrayant de savoir que nous vivons suspendus à dix mille fils vulnérables, dont beaucoup peuvent être coupés à tout moment. Mais d’autre part, accepter cette vérité peut réduire au silence les mensonges de l’autocritique injustifiée. Bien entendu, nous avons besoin des autres, bien entendu, des causes et des conditions doivent exister pour que quelque chose réussisse, bien entendu, nous ne pouvons pas faire pousser des roses sur un terrain de parking. Nous sommes fragiles, légers, vulnérables, blessés par des riens, et assoiffés d’amour. Quand vous acceptez cette vérité, vous ne serez plus si durs envers vous-mêmes ou envers les autres.  

Accepter la dépendance vous met en harmonie avec la réalité du moment. Toutes les choses qui existent, à partir des hommes à tout faire aux galaxies, naissent et meurent en dépendant de beaucoup d’autres choses. Il n’y a pas à avoir honte de la dépendance, malgré l’accent particulier que notre culture met sur l’indépendance. Pouvoir entendre la voix d’une personne aimée, manger une fraise, prendre une respiration profonde, s’apercevoir de sa dépendance vous amène vers une intense gratitude quand vous comprenez que dix mille vulnérabilités sont en réalité dix mille cadeaux.

Comment ?

Réfléchissez à certaines des nombreuses choses dont vous dépendez. Imaginez que l’année prochaine vous ne fermez plus vos portes à clé, vous renoncez à votre plat préféré, vous ne parlez plus avec votre famille et avec vos amis. Laissez-vous imprégner par l’évidence que vous utilisez ou avez besoin de beaucoup de choses et de personnes au quotidien. Essayez d’adopter une attitude neutre à propos de cela, en sachant que c’est valable pour chacun, non seulement pour vous.

Ensuite, regardez dans la direction opposée et reconnaissez combien d’autres dépendent de vous. Ils sont affectés par votre sourire, par le ton de votre voix, ou si vous oubliez ou non d’acheter le lait en rentrant le soir. Moi, cela me fait me sentir bien : je suis relié plus qu’isolé, je suis une personne qui compte. Je me sens plus tendre et plus aimable envers les autres.

De la même manière que des gens dépendent de vous, vous aussi, vous dépendez de vous. La personne que vous êtes maintenant a été comblée sous multiples formes, petites ou grandes, par les précédentes versions de vous-même. Tel le coureur dans une course à relais, vous passez le bâton chaque jour à celui que vous serez au réveil, le lendemain matin. Pensez à ces nombreuses choses positives que vos précédentes versions de vous-même ont apportées à votre vie : les problèmes résolus, les objectifs atteints, la vaisselle faite, les relations mûries, les leçons apprises. C’est simple et puissant : remerciez-les silencieusement. Comment vous sentez-vous ?

En attendant, regardez comment la future version de vous-même dépend de ce que vous faites aujourd'hui. Doucement, sans forcer, acceptez que cette future version compte sur vous, à cet instant. Qu’est-ce qu’il pourra souhaiter, cet être-là, que vous soyez? Que pourriez-vous faire cette année, ce jour, afin que votre future personne crée - dans son âge moyen ou dans sa vieillesse - une existence en sécurité, en bonne santé, heureuse, confortable ?

A la fin, soyez honnête avec vous-même quant à vos besoins et à tout ce qui est important pour vous. Que souhaiteriez-vous nourrir ou étayer ? De manière paradoxale, plus vous serez ouvert à l’humilité de la dépendance, plus vous serez simple et vrai pour arroser votre propre arbre fruitier.

(Adaptation de l'article Accept Dependence de Rick Hanson)

 

Archives CEFRO -Pour une relecture :

Nos émotions sont nécessaires (2017) 

 Acceptons nos émotions (1) 

 Acceptons nos émotions (2) (2016)