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25/03/2017

Nos émotions sont nécessaires

émotions négatives, psychologie, santé mentale, études, rôle

(Photo- Edisto Beach, Caroline du Sud, juillet 2016)

Une grande part de l’expérience émotionnelle humaine consiste à exprimer des émotions, positives ou négatives. Dans des circonstances similaires, certains restent calmes et aimables, d’autres peuvent élever la voix, ou avoir une réaction agressive. Néanmoins, les personnes un peu directes, même si elles sont désagréables, s’avèrent très efficaces. Cette agilité psychologique favorise une approche plus effective. Il est fort possible que nous évitions une telle stratégie parce que nous considérons que ce n’est pas bien d’être négatif. Nous pensons que les personnes agressives ou désagréables ne sont pas des gens bien, et nous ne voulons pas en faire partie. La bonne nouvelle est que tout un panel de la négativité -de la bonne négativité- n’a rien à voir avec être un pauvre type. Les émotions négatives peuvent nous aider à gérer une situation. Parfois, l’anxiété et le risque calculé mènent à la solution souhaitée. Les recherches ont montré que les personnes d’humeur plutôt dépressive avaient tendance à observer davantage de détails. Surtout quand il s’agit de déchiffrer les expressions faciales, les moindres changements dans le comportement sont observés, des choses que nous ne remarquons pas si nous sommes de bonne humeur. Personnellement, je sais que parfois l’effort d’être aimable, au lieu de rester juste neutre, factuelle, m’empêche de concentrer entièrement mon attention sur tous les éléments d’une situation précise.

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25/02/2015

Le bore out

Rifkin livre.jpgDans un monde où l'emploi est rare et la quantité de travail insuffisante, les répercussions de ces aspects sur la santé psychologique et sur le bien-être en général sont de plus quantifiables. Au stress financier de se retrouver au chômage s'ajoute un autre stress, et celui-ci risque de produire des changements dans les traits, en principe stables, de la personnalité, et qui font les différences individuelles: l'agréabilité, la conscience, l'extraversion, l'instabilité émotionnelle, l'ouverture. Les femmes et les hommes réagissent différemment, comme le montre une étude récente: par exemple, l'agréabilité, particulièrement valorisée chez les femmes au travail, enregistre une baisse plus significative lorsqu'elles se retrouvent au chômage, tandis que la conscience diminue davantage chez les hommes sur la durée de leur chômage. Néanmoins, si ne pas avoir un emploi peut causer des dégâts, souvent en avoir un peut générer aussi de la souffrance. Le burn out est l'épuisement par la surcharge de travail, le bore out est l'épuisement par l'ennui au travail, et il peut entraîner la mort. Depuis quelques années, on se penche sur la question du bore out, mais les observations des scientifiques datent depuis beaucoup plus longtemps. En 1958 déjà March et Simon notaient qu'il n'existe aucune limite à la quantité d'inactivité que les organisations peuvent absorber, et en 1995 Jeremy Rifkin a prédit la fin du travail. Le livre des deux consultants d'affaires suisses Peter Werder et Philippe Rothlin Diagnosis Boreout paru en 2007 analyse ce syndrome occidental qui consiste à ne plus avoir assez de travail pour occuper les salariés, même les plus talentueux. Une simple recherche en ligne nous conduit à un certain nombre de livres traitant de ce sujet ces dernières années. Selon une enquête européenne menée en 2008 sur 11238 personnes venant de 7 pays européens et publiée en 2011 dans la Revue Internationale de Psychologie, 32% des salariés européens occupent un emploi où ils n'ont rien à faire. Un sentiment de frustration apparaît lorsqu'on est dans l'incapacité de contribuer au développement de l'organisation, d'utiliser ses connaissances et ses compétences, ou de voir ses efforts reconnus. Comme à chaque fois quand il s'agit de préserver son estime de soi ou son image, la personne va mettre en place des stratégies pour donner une apparence de stress ou d'activité, ou pour masquer l'évitement de tout travail ennuyeux supplémentaire. 
 
Normalement, l'être humain devrait fonctionner au mieux (et non pas au-dessous) de ses capacités, dans un équilibre harmonieux censé lui procurer de la satisfaction par son activité et rendre possible sa créativité. Peut-être qu'avant de compter sur une stratégie de l'organisation pour remédier à l'inactivité, et donc à l'épuisement par l'ennui au travail, nous pourrions travailler à une issue individuelle. En règle générale, nous sommes enfermés dans nos connaissances acquises grâce aux filtres de la perception, qui empêchent que nous soyons noyés dans le flux d'informations. Parfois, pour s'ouvrir à d'autres connaissances, il faut oublier les connaissances acquises (il arrive que l'expertise rende aveugle, et que des détails soient perçus par des novices). Google et d'autres moteurs nous permettent d'accéder à pratiquement toutes les infos. Avec la globalisation, l'informatisation est la deuxième force qui façonne notre monde actuel. Bien sûr, il n'y a pas que les ordinateurs et Internet, mais également d'autres technologies dont la caractéristique est de transférer l'information - les films, les médias, la télévision par satellite, les télécommunications. Peut-être que l'issue individuelle à l'épuisement par l'ennui est dans la créativité, qui de nos jours consisterait à poser un regard neuf sur le monde, à prendre diverses informations et à les combiner sans reproduire les schémas habituelles, en arrivant ainsi à quelque chose de nouveau. 
C'est un peu comme lorsque nous voulons nous débarrasser d'une habitude: la bonne stratégie est de la remplacer par autre chose. Dire "je ne veux pas faire cela" revient à se concentrer sur un but négatif. Or, il est plus facile d'apprendre que de désapprendre, notre système d'apprentissage étant un système actif, qui veut associer des comportements à l'environnement. 

 

02/11/2014

"Avoir la rage au ventre"

émotions, physiologie, système nerveux entérique, cerveau, étudesAujourd'hui, nous savons que nos émotions s'expriment bien avant la raison, en empruntant un circuit beaucoup plus rapide. Dans certaines situations, le corps est alerté en premier, grâce à des voies inconscientes et très primitives qui sont activées, et qui le placent dans en état de vigilance et d'urgence. Ces voies sont en liaison directe avec le système limbique (l'hippocampe, l'amygdale) qui constitue notre cerveau émotionnelUne étude récente montre qu'il existe "une base physiologique" à nos réponses physiques aux émotions, lesquelles ont un caractère universel. Par exemple, la peur, qui est une émotion fondamentale (ainsi que ses dérivés -l'angoisse, l'anxiété..) va être ressentie au niveau du ventre. Le cerveau et le ventre se stimulent mutuellement. Le ventre ne se contenterait pas d'influencer notre vie émotionnelle: il pourrait générer des émotions par lui-même, "certaines émotions pourraient naître directement dans les méandres de nos intestins". La question est de savoir précisément si les émotions naissent dans notre cerveau ou bien dans le ventre, avant que notre cerveau en prenne conscience. A son stade actuel, la science semble disposer de plus amples connaissances concernant le ventre, cet organe intelligent et en perpétuelle adaptation (au XIXe le neurologue allemand Auerbach découvrait que la paroi intestinale était tapissée de cellules nerveuses). Nous constatons tous, par propre expérience, le lien intime qui existe entre nos intestins et notre manière d'agir, de sentir, de penser, d'anticiper. D'ailleurs, les médecines chinoises considèrent le ventre comme l'organe majeur dans la gestion de nos émotions. Il fonctionne indépendamment du système nerveux central, composé du cerveau et de la moelle épinière. Les études scientifiques se sont concentrées sur la communication entre nos deux cerveaux, et bien que cette communication présente encore beaucoup d'inconnues, un fait est certain: agir sur l'un peut influencer l'autre. Certaines disciplines émergent, transversales, pour mieux comprendre le rôle de notre ventre.

"Nous possédons, tapi le long de nos intestins, l'équivalent du cerveau d'un animal de compagnie. Ces neurones "gastriques" génèrent angoisses, humeurs, émotions, et interagissent avec l'encéphale. Ils commandent certains de nos comportements, aidés par l'exceptionnelle faune bactérienne qui peuple notre ventre. Nous possédons plus de bactéries que de cellules humaines. (...)

La digestion représente un travail complexe, très consommateur d'énergie, qui mobiliserait le cerveau de longues heures chaque jour, si elle n'était pas déléguée à notre système nerveux entérique. Ces missions digestives garantes de notre survie nécessitent une très grande puissance nerveuse. Si notre cerveau (celui d'en haut) devait être mobilisé pour la digestion, nous serions incapables de penser, de nous consacrer à d'autres taches pendant plusieurs heures chaque jour. Mais la nature a prévu de sous-traiter cette activité à un second cerveau, dédié aux fonctions digestives et de protection: le système nerveux entérique". 

Au centre des problèmes de communication entre nos deux cerveaux se trouve le syndrome de l'intestin irritable (hypersensibilité viscérale, troubles digestifs, douleurs), maladie qui toucherait 10% de la population générale, dont un tiers sont des femmes.

Personnellement, je suis persuadée que le stress émotionnel négatif très fort est à lui seul capable, et ce en l'absence de facteurs habituels tels l'alcool ou le tabac, de provoquer, à la longue, la gastrite érythémateuse (inflammation de la paroi abdominale). Néanmoins, je crois aussi que, lorsque nous ne pouvons pas éliminer la vraie cause du stress négatif prolongé, il faudrait au moins aider le corps, d'une manière ou d'une autre -médicamenteuse ou psychologique (nouveaux comportements).

 

Ce livre propose "une série d'exercices pratiques et de conseils concrets pour engager le dialogue avec le ventre, mieux le connaître, interagir avec lui et se sentir mieux". D'autres informations utiles dans un documentaire diffusé il y a quelques mois. 

07/09/2014

Les nouvelles psychologies

psychologie positive, psychologie de la paix, environnement, études, politiques, bien-être émotionnel
La psychologie positive, c'est l'étude du bonheur, du bien-être et de la qualité de la vie. Elle tente d'apporter des réponses à la question du jour: qu'est-ce qui procure du bonheur aux consommateurs que nous sommes? Sur son site, l'OCDE publie régulièrement des rapports et des statistiques, sous un titre qui résume parfaitement le devoir des  politiques: Better Policies for Better Lives.
La psychologie positive commence à intégrer la psychologie de la paix. En ce sens, elle se penche sur la manière dont les émotions positives, l'engagement, le sens conféré aux actions, le bien-être personnel, la résilience pourraient influencer la paix à différents niveaux, du niveau personnel et interpersonnel, au niveau communautaire, national, global. La psychologie de la paix contient des éléments de la psychologie positive, en particulier lorsqu'elle se focalise sur la poursuite de la justice sociale. Les chercheurs essayent d'élargir le concept de résilience collective, en dépassant ainsi le biais habituel de la psychologie positive vers l'individualisme et le nationalisme, et en conceptualisant le bien-être au niveau de la communauté globale. Dans cette perspective, les conflits, la guerre, ne seraient pas inévitables, et la psychologie aurait un rôle à jouer, par exemple en recadrant la manière de penser de certains groupes en conflit, à partir de leurs différentes raisons et motivations. 
 
Les études mettent de plus en plus en évidence le rapport entre le bien-être individuel et un environnement plus sain. La poursuite du bonheur a du bon, parce qu'elle conduit les gens à des styles de vie non seulement satisfaisants, mais aussi meilleurs pour l'environnement. Pendant des dizaines d'années, le consumérisme s'est trouvé en conflit avec l'environnement, d'où l'idée qu'il faut changer de mode de consommation si l'on veut garder la planète en bonne santé. Je me souviens d'un polar américain dont le personnage est un éco terroriste qui élimine les gens ou les oblige à payer des sommes énormes, en fonction de leur mode de vie (dépenses, voyages, etc.), c'est-à-dire de leur "empreinte carbone".
L'angle de vue change: et si ce qui est bon pour le consommateur rencontrait ce qui est bon pour l'environnement? Nos besoins psychologiques de base incluent la compétence, l'autonomie, les relations positives, l'acceptation de soi, et l'épanouissement personnel. Les recherches montrent que même l'argent et l'acquisition des biens sont perçus comme relevant d'activités personnelles gratifiantes et de relations sociales. De toute manière, que ce soit en bien ou en mal, beaucoup de traits caractéristiques du consommateur sont directement liés à l'environnement. Une certaine frugalité rendrait le consommateur plus en harmonie avec la vie en général, et faire attention aux ressources, comme on fait à l'argent, permettrait d'éviter des conséquences négatives. Les gens aiment faire des choses bien plus que posséder des choses, ils sont aussi plus heureux de changer leurs activités que de changer les circonstances matérielles, et ils semblent apprécier davantage les expériences, parce qu'ils peuvent les garder en mémoire ou les partager. Cultiver un talent personnel et avoir des relations, ainsi qu'un esprit indépendant, semble plus important que l'argent, ou la renommée. Un haut revenu apporte la satisfaction, mais pas forcément le bonheur. Le bien-être émotionnel, qui reflète l'expérience quotidienne de la joie, du stress, de la tristesse, de la colère, de l'affection -tout ce qui fait que la vie est agréable ou désagréable - est perçu différemment, en fonction de l'argent et de l'évaluation personnelle (ce que pensent les gens de leur propre vie). L'évaluation de la vie augmente avec le revenu, le bien-être émotionnel augmente aussi avec le revenu, mais jusqu'à une certaine limite (75.000 $ ou 100.000 $ par an). Travailler moins et consommer moins, ce serait une voie à envisager. En même temps, notre société se crée des idoles et des standards de richesse et de succès inatteignables, et qui obligent à travailler toujours plus, et à dépenser toujours plus.