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02/12/2015

(Re)Lectures sur la volonté

conscience, libre-arbitre, volonté, inconscient, contraires, fonction transcendante, Saint Bernard, C.-G.Jung, Freud  ( Photo- La plage en octobre)

Dans la pensée de Bernard de Clairvaux (Saint Bernard) la volonté occupe une place importante. Considérée comme l’expression du "socratisme chrétien", cette pensée d’une extrême finesse psychologique, fait partie d’un tableau où la connaissance de Dieu et la connaissance de soi sont inextricablement liées. La connaissance qui n’est pas en vue du salut n’est que curiosité. Or, si le nosce te ipsum (connais-toi toi-même) engendre tous les degrés d’humilité, la curiosité engendre tous les degrés d’orgueil. "Il est des clercs qui étudient par pur amour de la science : c’est une curiosité honteuse...D’autres encore étudient et vendent ensuite leur savoir pour de l’argent ou des honneurs : c’est un trafic honteux. Mais il en est aussi qui étudient pour édifier leur prochain : et c’est une œuvre de charité ; d’autres enfin pour s’édifier eux-mêmes : et c’est prudence…". Dieu a créé l’homme pour l’associer à sa béatitude, et toute l’histoire de l’homme commence avec cette libre décision. Mais pour être heureux, il faut jouir : pour jouir il faut une volonté ; la volonté ne jouit qu’en s’emparant de son objet par un acte de consentement, et consentir c’est être libre. C’est pourquoi, en créant l’homme en vue de l’associer à sa béatitude, Dieu l’a créé doué d’une volonté libre, et c’est principalement en raison de sa liberté que l’homme est une noble créature, faite à l’image de Dieu, capable de vivre en société avec lui (le sens de la théologie de Bernard de Clairvaux est que l’homme est par son libre arbitre fait à l’image de Dieu, puisque c’est la seule analogie divine qu’il ne puisse perdre sans cesser par là-même d’exister). Ce don de liberté fait par le Créateur à sa créature est un don complexe, car il implique trois libertés :

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16/03/2014

Imagination et réalité

 

paul diel,psychologie,philosophie,imagination,réalité,désirs,conscience,volontéEn parlant de l'oeuvre de Paul Diel (1893-1972), psychologue français d'origine autrichienne, philosophe de formation, Einstein disait qu'elle était "un remède à l'instabilité éthique de notre époque". Sa psychologie nous enseigne que la plus grande forme de la condition humaine serait une harmonie de l'esprit qui se situe au-delà de la morale et des morales. Par cela, elle est porteuse  d'un  authentique pouvoir de redressement et d'accomplissement. Diel a beaucoup écrit sur la motivation, sur l'angoisse, sur la joie, sa méthode étant basée sur l'élucidation de nos émotions par l'auto-observation. C'est une méthode d'investigation introspective. "Pour voir clair dans la psyché -si une telle expression trop spatiale est permise-, il faut pouvoir regarder. Le problème est de savoir si une observation objective du fonctionnement intra- psychique est possible. Si une telle possibilité existe, elle ne peut être réalisée que par l'auto-observation. C'est dans la psyché de chacun que la motivation est vivante, et l'homme ne peut saisir la motivation vivante que dans sa propre psyché. Ce n'est qu'à l'aide de la compréhension de sa propre motivation qu'il devient possible de comprendre la motivation d'autrui". Voici, par exemple, comment il voit la résolution du contraste angoissant entre l'imagination et la réalité, contraste qui nous fait souffrir: c'est par l'attaque lucide que nous nous rendons compte des exigences de la réalité, "au lieu de nous abandonner entièrement aux jeux dangereux de nos désirs, et de nous laisser envahir par l'imagination affective". L'imagination déréglée et exaltée, c'est l'imagination maladive, à laquelle s'oppose l'imagination réglée et ordonnée qu'est l'imagination compréhensive. Dans la mesure où nous ne sommes pas malades ou angoissés, devant un problème nous recherchons ses causes, nous réfléchissons, nous prenons une résolution. Si dans l'imagination maladive, les désirs se contredisent et se contrecarrent, s'exaltent et se paralysent mutuellement, dans l'imagination compréhensive un tel chaos n'existe pas, les désirs réunis qui visent le même objet prennent tous la même direction vers la réalisation, en se renforçant mutuellement, et en réveillant dans la psyché des forces nouvelles et inattendues. Mais cet ordre psychique est créé uniquement par la réflexion; car c'est elle qui transforme les désirs en volonté, à l'inverse de de l'imagination exaltée, qui elle, transforme les désirs en angoisse et en inhibition. "Le travail de la réflexion consiste à éliminer les désirs exaltés, angoissés, insensés, qui contrecarrent l'activité. Le nombre des désirs diminue et il ne reste plus que les désirs réalisables. Cette capacité de réflexion, chaque psyché humaine la possède à un degré plus ou moins grand, elle est le résultat de l'évolution de la psyché animale jusqu'à la psyché humaine; évolution créée par l'obligation de supporter ou de vaincre la souffrance de la vie.[...] La tâche de chaque vie serait donc de continuer ce travail intérieur, afin de poursuivre l'évolution de la fonction compréhensive, de la conscience"

 

(Extraits: Paul Diel, Psychologie de la motivation, Payot, 2006, Angoisse et Joie, Payot 2011)

 

02/02/2014

Le goût du réel

 numérique, concentration, déficit attention, livre Goleman, Focus, techniques méditation, personnalité, volontéSur la concentration, ainsi que sur le déficit d'attention avec ou sans hyperactivité (TDA ou TDAH), syndrome de notre époque, il existe maintenant une littérature de spécialité assez riche, et de nombreux articles issus de la recherche en neurosciences, psychologie, management, sont publiés tous les jours, particulièrement dans le monde anglo-saxon. Les techniques de la pleine conscience (Mindfulness Based Cognitive Therapy, Mindfulness Based Stress Reduction) nous apprennent comment nous concentrer sur le moment présent, en évitant de disperser notre attention, et en diminuant le stress. Nous arrêtons ainsi de regretter le passé, ou de nous inquiéter pour le futur, nous cessons de ruminer (ce qui n'est pas méditer), car la rumination peut être un facteur de risque pour la santé mentale. En apprenant ces techniques, nous nous ouvrons au flux de notre conscience, aux autres, à la nature 
D'autres approches proposent une médication pour traiter le déficit d'attention , et Big Pharma est présente avec ses solutions, comme on voit dans cette entrée sur Wikipedia  ( aussi dans une note précédente). 
La manière dont nous concentrons notre attention détermine ce que nous voyons. "Your focus is your reality", dit le Maître Yoda, le personnage de Star Wars, nous rappelle un récent article paru dans Business Insider, en envoyant à l'ouvrage de Daniel Goleman "Focus. The Hidden Driver of Excellence"  et à d'autres contributions intéressantes sur le sujet. Dans ce livre, l'auteur  explore le concept de concentration, en expliquant comment notre attention conditionne nos succès dans la vie, car l'attention fonctionne comme un muscle: mal utilisé, il risque de s'atrophier. Il observe que, depuis que nous vivons dans un monde numérique, notre concentration est partielle. Selon lui, il existe trois formes de concentration: intérieure (l'attention qui nous lie à l'intuition, aux valeurs, aux bonnes décisions), dirigée vers les autres (vers ceux qui font partie de notre vie), extérieure (l'attention qui nous lie au monde en général). Goleman parle de son entretien avec une institutrice qui lui a confirmé qu'au fur et à mesure des générations, les enfants avaient des difficultés à lire, trouvaient les phrases longues et compliquées, se plaignaient de ne pas réussir à se concentrer sur les pages d'un livre, et donc, préféraient aller jouer. Il explique que nous sommes confrontés constamment aux éléments qui distraient notre attention -jeux, réseaux-, mais que la manière dont nous communiquons est aussi un facteur qui influence notre concentration. Tout doit être bref, des abréviations, des messages incomplets, des mails vocaux, pour envoyer l'information le plus rapidement possible. Notre attention est moins efficiente. Nous recevons des messages, mais nous ne les filtrons pas avec suffisamment d'attention, nous les survolons.  

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